lundi 20 mars 2017

LES DÉSERTEURS TEMPORELS — SILVERBERG ROBERT — 3/5



« C’était déjà assez pénible que le temps aille sans cesse et sans pitié de l’avant ; cela pouvait se comprendre, même si cela n’avait rien d’agréable. Mais en arrière ? A rebours de toute logique, en négation de toute raison ? »


Roman / S-F

Livre de Poche 2006 / 1967 USA

224 pages

RÉSUMÉ :
Joe Quellen, le Secrétaire Criminel, détestait la foule et adorait les crocodiles. Il s'était donc approprié un petit coin d'Afrique, dont il avait fait son jardin secret : illégalité mineure, mais étonnante chez ce bureaucrate modèle. En fait, les illégalités se multipliaient : le surpeuplement avait atteint la cote d'alerte, et le Gouvernement Suprême avait la main lourde ; certains chômeurs, pour un prix modique, émigraient dans le passé sans espoir de retour. On en avait repéré beaucoup au XXIe siècle, et l'on savait que les départs avaient eu lieu entre 2486 et 2491. En l'an de grâce 2490, le moment était proche où le trafic s'interromprait — un moment attendu avec perplexité depuis cinq cents ans. Quellen traquait les resquilleurs et l'organisation qui leur permettait de faire le saut. Mettrait-il fin aux désertions ? Changerait-il le passé ? Gênerait-il des manipulateurs occultes ? Quellen avait de bonnes idées ; il en faudrait beaucoup dans cette partie de poker aveugle où rien ne serait à négliger — pas même un petit coin d'Afrique.

COMMENTAIRE :

Le futur dépeint est super sympa : dictature, système de caste, absence de nature, contrôle des naissances, distribution réglementée de l'oxygène/nourriture/drogue/argent/travail...
On n'apprend pas comment l'humanité en est arrivée là, on suit juste le quotidien de Quellen pendant son enquête. D’ailleurs il fini lui aussi par fuir ce présent oppressant.
Le gouvernement n'est en fait qu'une dictature : Kloofman a créé un androïde de lui-même (Danton), pendant qu'il rallonge son espérance de vie à coup d'opérations (seul son cerveau n'a pas été changé en 133 ans). Il souhaite récupérer la machine à voyager dans le temps pour son propre compte. Fini les opposants ils se verront offrir un voyage dans le passé, très lointain le passé bien sûr...d’où la fin des personnes référencées dans les archives de 2486 à 2491.

L'homme ne peut vaincre son destin : le temps est linéaire, le passé est immuable car déjà révolu, donc ce que pourrai faire les déserteurs à déjà eu lieu pour conduire à ce présent. Ici le fantasme du retour dans le passé pour tuer un ascendant de Kloofman et ainsi changer le présent n'a pas sa place...dommage.
Silverberg a écrit la même année « Les déportés du Cambrien » qui s'inspire fortement de ce qui pourrai ce passer, même si l'auteur a changé la date du « présent » dans cet ouvrage.

Le livre est pas trop mal malgré le pessimisme habituel chez Silverberg. Cela mériterai un développement de l'univers lui-même qui n'est presque pas abordé, on se laisse juste porter par la vision de Quellen, stat boulot dodo. Je vais essayer de trouver « Les déportés du Cambrien » pour voir ce que ça donne.

PORTRAIT-CHINOIS :

*   Chiffre : 2491 « fin » officielle des voyages temporels.
*   Couleur : gris comme l’océan de béton quotidien.
*   Mot : destin le libre arbitre n’existe pas.
*   Objet : machine à remonter le temps.
*   Personnage : Kloofman, 133 ans plus qu’une pièce d’origine, dictateur angoissé.

GRIBOUILLDOLIE :

La boucle est bouclée pour lui aussi.
Avant / Après

A CONTRARIO :

Le fidèle de l'espace



Adieu
@++
nono

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